Si vous encaissez du liquide, la néobanque vous coûte jusqu'à 12 fois plus cher
Publié le 23 septembre 2026.
Dans cet article · 10 parties
Un commerce qui encaisse 8 000 € d'espèces par mois paie 4 056 € par an chez la néobanque la moins chère de notre relevé. La même activité, dans une banque de réseau, revient à environ 320 €.
Douze fois moins. Et c'est l'inverse de ce qu'on lit partout.
Ce que nous avons fait
Nous avons relevé les grilles tarifaires publiques de onze marques, soit 26 formules, puis appliqué chacune à sept profils d'usage définis à l'avance. Le détail complet est publié en données ouvertes sur la page de comparaison.
Trois règles gouvernent le calcul.
Un service non proposé rend l'offre inutilisable, jamais gratuite. Un compte qui n'accepte pas les espèces ne peut pas être classé premier pour un commerçant sous prétexte qu'il ne facture rien.
Les frais non publiés sont listés, jamais estimés. Le total porte alors un « supérieur ou égal ». C'est un plancher, pas un prix.
Une offre dont l'arrêt est annoncé sort du classement. Blank et Propulse affichaient les abonnements les plus bas, et disparaissent d'ici janvier 2027.
Le résultat
| Profil | Offres utilisables | La moins chère au total | La moins chère en ligne |
|---|---|---|---|
| Freelance qui démarre | 24 sur 26 | Finom Solo, 0 € | Finom Solo, 0 € |
| Freelance établi | 17 sur 26 | Qonto Basic, 180 € | Qonto Basic, 180 € |
| Profession libérale, 20 chèques/mois | 17 sur 26 | La Banque Postale, ≥ 283 € | Shine Free, 528 € |
| TPE, trois salariés | 10 sur 26 | BNP Paribas, ≥ 320 € | Shine Plus, 600 € |
| Association | 10 sur 26 | BNP Paribas, ≥ 320 € | Shine Free, 912 € |
| Artisan, espèces et chèques | 10 sur 26 | BNP Paribas, ≥ 320 € | Shine Free, 1 752 € |
| Commerce de détail | 10 sur 26 | BNP Paribas, ≥ 320 € | Shine Free, 4 056 € |
Pourquoi un tel écart
Les néobanques facturent le dépôt d'espèces en pourcentage du montant déposé, jusqu'à 4 %. Il faut le lire comme un prélèvement sur le chiffre d'affaires, et non comme un frais d'opération. À 8 000 € mensuels, il atteint 3 840 € par an à lui seul, quel que soit l'abonnement.
Les banques de réseau, elles, ont déjà les agences, les coffres et le transport de fonds. Chez BNP Paribas et à la Société Générale, le dépôt d'espèces est gratuit. Au CIC, il l'est jusqu'à huit dépôts par mois.
L'avantage structurel des néobanques, l'absence de réseau physique, devient exactement leur handicap dès qu'il faut manipuler de la monnaie.
Ce que le « supérieur ou égal » cache, et pourquoi nous le gardons
Les banques de réseau facturent une commission de mouvement, un pourcentage des flux débiteurs : de 0,06 % à 0,20 % par mois selon l'établissement. Elle dépend de votre chiffre d'affaires, que nous ne connaissons pas. Nous refusons de l'estimer, donc leurs totaux portent un « supérieur ou égal ».
Cela change-t-il la conclusion ? Faisons le calcul haut. Au CIC, 0,20 % par mois sur 100 000 € de mouvements annuels représente environ 100 € par an. Le total passerait de 320 € à près de 420 €.
Contre 4 056 €, l'écart reste d'un facteur neuf. La conclusion tient, même en chargeant la barque du côté qui nous arrange le moins.
La correction que nous devons à nos lecteurs
Une première version de cet article, publiée le même jour, concluait que « le marché sert mal ceux qui encaissent du liquide ». C'était faux, et l'erreur mérite d'être expliquée plutôt qu'effacée.
Notre panel ne comptait alors que des acteurs en ligne. Dans ce panel, les options pour encaisser des espèces étaient effectivement rares et chères. Nous en avions tiré une conclusion sur le marché entier.
En ajoutant trois banques de réseau, le classement s'est inversé. Le marché ne sert donc pas mal ces activités : seul le segment des néobanques le fait, et la solution existait depuis toujours à l'agence du coin.
La leçon vaut au delà de ce site : un comparatif ne dit rien du marché, il dit quelque chose de son échantillon.
Ce qu'il faut en faire
Vous n'encaissez ni espèces ni chèques. Les acteurs en ligne sont imbattables, souvent gratuits. Vingt-quatre offres sur vingt-six vous conviennent.
Vous encaissez du liquide ou des chèques. Demandez d'abord une grille tarifaire professionnelle à deux ou trois banques de réseau, y compris celle où vous êtes déjà. Le tarif micro-entrepreneur du CIC, à 7 € par mois, n'apparaît dans aucun comparatif de néobanques, pour une raison simple : ce n'en est pas une.
Puis comparez sur le total, pas sur l'abonnement. Le calculateur applique les grilles relevées à vos volumes.
Vérifier et réutiliser
Calcul complet : cout-par-profil.json, sous CC BY 4.0. Chaque tarif porte son URL source et sa date dans observatoire.json.
Limites
Ce relevé couvre onze marques et vingt-six formules, dont quatre banques de réseau. Les grilles professionnelles des banques traditionnelles sont difficiles à comparer : elles comportent des lignes absentes des plaquettes, des frais d'actualisation annuels et des conditions négociées au cas par cas. Nos totaux pour ces établissements sont donc des planchers fiables, pas des devis.
Les profils sont des hypothèses explicites, choisies pour être discutables.
Questions fréquentes
Une banque traditionnelle est-elle toujours moins chère ?
Non, et c'est important. Pour un freelance qui ne manipule aucune espèce, les offres en ligne sont souvent gratuites, quand un abonnement de banque de réseau coûte de 84 à 636 € par an sans rien apporter d'utile. Le renversement ne vaut que pour les activités qui encaissent physiquement.
Pourquoi vos totaux portent-ils un « supérieur ou égal » ?
Parce que certains frais ne sont pas publiés. Les banques de réseau appliquent une commission de mouvement, un pourcentage des flux débiteurs que nous ne pouvons pas calculer sans connaître votre chiffre d'affaires. Nous la signalons plutôt que de l'estimer.
Vos chiffres sont-ils vérifiables ?
Oui. Chaque observation porte l'URL de la grille dont elle provient et sa date de relevé, dans observatoire.json. Le calcul par profil est dans cout-par-profil.json, sous licence CC BY 4.0.
Pourquoi écartez-vous Blank et Propulse ?
Le Crédit Agricole arrête ces deux marques d'ici janvier 2027. Elles affichaient pourtant les abonnements les plus bas du relevé et arrivaient en tête de plusieurs profils. Les proposer reviendrait à envoyer quelqu'un ouvrir un compte qu'il devra refermer.
Sources
- Relevé chiffrepro du 23/09/2026, toutes observations sourcées : observatoire.json.
- Grilles tarifaires publiques des établissements et relevés de frais bancaires publics, une URL par observation.